Depuis 1005 qu'on attendait un débat, hier soir on a pas été déçus.

Hormis les deux plantes vertes les deux journalistes, qui ont pendant un moment tenté d'imposer un ordre dans le traitement des sujets ; ces deux-là n'ont pas véritablement parlé. Niveau temps de parole, Arlette Chabot a du réaliser trois ou quatre interventions, PPDA un peu plus.

Concernant les deux protagonistes centraux, que penser ?

Au vu des sondages ce matin et des réactions par-ci par-là, pas de surprise : chaque camp pense avoir fait un meilleur débat que l'autre. C'est normal, jamais je n'imaginerai Royal ou Sarkozy balancer des fleurs à l'autre.

Au niveau des sujets abordés, comme l'indique ce sondage, j'ai trouvé Sarko étonamment calme, et Ségolène Royal parfois brouillon dans sa façon de passer rapidement d'un sujet à l'autre. Néanmoins, contrairement à ce même sondage (réalisé par Le Figaro & LCI, plutôt à droite n'est-ce pas...), je trouve qu'elle a assuré, et ce pour plusieurs raisons.

Ségolène Royal, qu'on accusait d'être inapte à la fonction Présidentielle, a su montrer qu'elle était une femme de pouvoir capable de pouvoir prendre les rennes d'un débat d'opposition, avec ses arguments, ses piques et ses contre-arguments.

Elle a également montré avec talent qu'elle était combattive et qu'elle avait du coeur à l'ouvrage, en un mot, là où tout le monde en doutait, sa capacité à être Présidente d'un pays comme la France.

Certes les deux candidats ont réalisé des erreurs de chiffres sur le sujet du nucléaire, normal sur un sujet aussi complexe et technique. Les Présidents ne sont pas surhumains et sont en général entourés de conseillers compétents pour les sujets les plus difficiles. Par ailleurs je ne suis pas certain que le problème qu'EPR soit un réacteur de troisième ou de quatrième génération soit la cause de tous les problèmes d'aujourd'hui.

Malgré tout, on retiendra que pas l'un comme l'autre n'indique comment financer les retraites ou réduire le chômage, ou financer les hausses du nombre d'heures supplémentaires... du "yakafokon" dont on verra bien après le 6 mai comment on transforme les bonnes paroles en actes sans augmenter le poids de la dette.

Bref, j'ai trouvé Ségolène Royal en démocrate plutôt convaincante, Nicolas Sarkozy en libéral plutôt assumé. Un programme mêlant ces deux approches serait certainement une bonne chose ; néanmoins l'approche de Ségolène Royal semble plutôt intéressante face à une droite sans complexe qui est au pouvoir depuis 12 ans.

Eh oui, il a réussi à le faire oublier, mais le sortant avec son bilan, c'est Sarkozy, pas l'inverse. En ce sens, je me demande en quoi l'élection de la droite sera une rupture...