Aujourd'hui, au boulot, c'était stage d'1h30 de sensibilisation à la sécurité routière, ouvert à tous les volontaires qui en faisaient la demande.
Organisé par une compagnie d'assurances, le stage était composé d'une première partie consacrée à la manière de remplir un constat amiable, avec des exemples de cas concrêts, et une seconde partie sur des exercices pratiques : bien attacher sa ceinture, voiture tonneau, lunettes simulant une alcoolémie de 0.8 et 1.5 grammes.
Ce que j'ai retenu sur la première partie, en vrac :

- Le constat amiable est basé sur la bonne foi des gens. Si vous ou la seconde personne impliquée dans l'accident n'êtes pas de bonne foi, les deux protagonistes seront lésés au niveau de l'indemnisation par leurs assurances.
- La police ne se déplacera pas en cas d'accident matériel. Ainsi, vous serez seul face à une personne qui refuserait de remplir un constat, ou refuserai de décliner son identité. Vous devrez si possible essayer de noter son immatriculation et mieux, ce qu'il est indiqué sur la vignette verte du pare-brise. Mais bon... s'il n'est pas assuré, vous pourrez aller vous faire voir.
- En revanche si la personne en vient à vous frapper, l'accident se transforme en accident avec blessures, auquel cas les flics peuvent intervenir. De la même manière, si la personne présente des signes évidents d'alcoolémie, la police est tenue de se déplacer.
- Ensuite, vous ne pourrez pas faire valoir, dans un constat, la vitesse excessive de l'autre véhicule ni le fait que le conducteur téléphonait par exemple : c'est impossible à prouver. Le constat amiable se base sur la bonne foi de chacun.
- Egalement, sachez que lorsque vous remplissez la description des circonstances de l'accident, vous avez le choix de soit répondre aux questions (tournait à gauche, changeait de direction, sortait d'un stationnement), soit de noter des observations à la main, soit de faire un croquis. Sachez cependant que le croquis n'est pas obligatoire, il peut même se retourner contre vous s'il est mal fait.
- Vous pouvez accompagner votre constate de photos des lieux de l'accident , ceci est tout à fait recevable puisque l'objectif du constat est de faire comprendre à votre assureur les circonstances.
- Toujours renseigner la case "dégats apparents". Si elle n'est pas cochée, vous n'aurez droit à aucune indemnisation. Astuce : en cas de doute, noter sous réserve d'une expertise approfondie : les matériaux modernes travaillent et il n'est pas impossible qu'une déformation de la carrosserie apparaisse quelques heures après un accrochage.
Enfin, au niveau des cas pratiques, sachez que :
- Si un véhicule vous arrache votre porte alors que vous veniez de l'ouvrir sans regarder, c'est vous qui êtes en tort.
- Si un véhicule vous percute à l'arrière, alors que vous sortez d'un stop et que vous avez estimé que vous aviez le temps de passer, vous êtes responsable de ce qui se passe jusqu'à 70 mètres après le stop. Si l'on vous percute de l'arrière à 20 mètres du stop, vous serez en tort.
- Si dans une file, un véhicule A percute un véhicule B, et qu'avec le choc, B pousse C, alors A portera la responsabilité pour B et C. Il suffira sur les constats, d'indiquer que c'est A qui a poussé B sur C.
Au niveau de la pratique, j'ai également appris pas mal de choses, notamment que la manière dont je mettais ma ceinture ne servait à rien. En cas d'accident, si la sangle qui passe que les abdos si elle n'est pas ajustée au bassin, et le bassin au fond du siège, alors on aura tendance à flotter sous la sangle et glisser sous la ceinture...
Règle numéro 1 : bien plaquer la sangle en vert contre soi, en évitant qu'il y ait le moindre jeu au niveau de la partie qui passe sur le bassin.
Ensuite, la voiture tonneau est une attraction qui pourrait presque figurer à Disneyland par les sensations qu'elle procure, si elle n'était pas tant dramatique... cet arès-midi c'était tranquille, encadré, sécurisé, dans la vraie ça l'est beaucoup moins !
La voiture était une 206 qui fait des tours sur elle-même. Impressionnant, cette sensation de flotter et d'être retenu par uniquement quelques centimètres de nylon, cette sensation de sentir l'attraction terrestre et tout le poids de son corps, cette sensation d'être chahuté dans un sens, puis dans l'autre, sens dessus-dessous, de ne plus rien contrôler d'autre qu'attendre que ça se termine...
Des objets en polystèrène étaient dans la voiture, dont un petit baigneur d'environ 300 grammes (soit un projectile potentiel d'environ 3 kilos en cas d'accident à 50 km/h ; énergie cinétique = 1/2mv2 ), non ceinturé. Ca faisait un boucan du tonnerre... je vous laisse imaginer avec des passagers non sanglés. Catastrophe assurée !
D'où la nécessité de bien porter sa ceinture, ajustée c'est mieux...
Troisième atelier, un parcours balisé par quelques plots et obstacles avec des lunettes qui simulent une alcoolémie plus ou moins prononcée... on se demande vraiment comment les gens bourrés peuvent conduire ainsi ! On sent nos pieds face à nous, mais notre cerveau, par le biais des lunettes déformantes, les voit légèrement à droite de notre corps.
De fait, on accroche les plots, on a du mal à avancer en slalom, bref au volant ça serait la cata.
J'étais plutôt satisfait de cette heure et demi. Un peu décidé à rouler encore plus prudemment. Mais un peu ennuyé de voir que de nos jours, il suffit à un gars malhonnête provoquant un accident, de jouer avec le système pour vous mettre dans la mouise... partons tout de même du principe que les gens sont normalement honnêtes et sains d'esprit.
M'enfin quand j'en vois certains conduire leurs 4x4, monospaces et autres mini-fourgons comme Prost ou Senna, l'expérience en moins, j'ai des doutes...