C'est désormais la mode : sortir un nouveau film dont on sait dès le début qu'il fera partie d'une trilogie en trois, quatre ou cinq épisodes (eh oui, ils l'ont inventé), sinon réutiliser les recette du passé et ressortir un bon vieux film des années 80-90, si possible un film qui ait cartonné à l'époque et sortir une suite, voire une sur-suite, voire une sur-sur-sur-suite.
Dans les cas les plus simples, contentez-vous de rajouter un "II" ou un "III" ou un "IV". Pour brouiller les pistes, surtout quand c'est le cinquième opus qui sort et pour que ça ne fasse pas trop "Police academy", vous pouvez également trouver un sous-titre à chaque nouvel épisode : vous véhiculerez ainsi une image de modernité et de dynamisme.
Die Hard IV en l'un de ceux-là : trois épisodes tournés courant 90s plutôt réussis (Piège de Cristal, 58 minutes pour vivre, Une journée en enfer), une suite qui s'appelle Die Hard IV", et un sous-titre : Retour en enfer. Pas très original, en même temps pour ce type de film on attendait pas beaucoup plus.

Que penser de ce film ? Tout d'abord, ça fait plaisir de retrouver ce bon vieux John Mclane. Après les déboires qu'il a eu à subir au cours des derniers épisodes, on se demandait s'il reviendrait un jour, tant il était usé à la fin de l'épisode précédent. Mauvaise nouvelle, il n'est plus avec sa nana. Forcément, autant d'action, ça lasse. Bon. Donc, notre John revient, avec un sacré coup de vieux, les cheveux rasés jouent pour beaucoup.
Pas seulement ; notre ami John s'essoufle vite, n'a plus sa forme d'antan, cependant l'une des forces de ce film est de tourner en dérision l'âge qu'on lui prête et la mettre en regard de l'expérience qu'il a accumulé au cours des dernières années. Quand le scénariste le met, en outre, face à face avec un petit génie de l'informatique qu'il doit protéger pour remettre au gouvernement tout en le protégeant des méchants terroristes Français, on se dit que l'idée n'est pas si mauvaise : la vieillesse et l'expérience alliée à la fraîcheur d'un petit djeunz.
Bon... le duo est bien trouvé, mais est-ce suffisant pour autant ? J'ai trouvé plusieurs défauts.
Le premier, peut-être s'agit-il d'une déformation professionnelle, mais étant donné que le film se base sur un attaque informatique de grande envergure ciblant les infrastructures clé des Etats-Unis, je m'interroge. Certes, une attaque des réseaux d'électricité, de la bourse, des hopitaux, par des virus ou des pirates informatiques est en partie bientôt possible voire s'est déjà vu (il y a quelques années, un gars a piraté les serveurs de la NASA, rien de gave mais bon... tout n'est qu'une question de temps). Certes, on peut repérer des voitures par satellite, intercepter des communications pour qui s'y connaît bien et dispose du matériel adéquat.
Cependant, je ne comprends pas pourquoi les pirates qui mènent des attaques informatiques sur des serveurs gouvernementaux, ont toujours sur leur écran les plans des bâtiments qui hébergent le serveur piraté. Ca ne sert à rien !!! Par ailleurs, non, on ne peut pas trouver le propriétaire d'une adresse IP privée de classe C !!! Désolé, mais ça n'est pas possible!
Bref ... les références aux moyens technologiques permettant de faire tel ou tel truc sont tellement gros par moment, qu'on y croit pas. Maintenant, ça plairait surement à un oeil moins averti.
Je trouve également que parfois on s'emmerde gave et que parfois... "c'est trop". Eh oué, dans le dernier opus, tout semblait à peu près réaliste : les attentats, l'innondation de la conduite d'eau, le bateau qui coule, tout ça... Là, franchement, John MacLane qui fait presque du surf sur une aile d'avion ou qui dégomme un hélico avec une voiture... ça en jette mais ça n'est pas réaliste.
Il faudra aussi qu'on m'explique , alors que l'ensemble des moyens de télécommunications sont coupés, comment John arrive à appeler le mec de la NSA avec un portable ou comment son jeune acolyte réussit à contacter l'assistance automobile qui leur permettra de démarrer leur véhicule à distance... c'est curieux et je n'arrive toujours pas à l'expliquer.
Donc bon... les amateurs d'action trouveront là un assez bon film d'environ deux heures où l'on a pas trop à réfléchir, en revanche si vous êtes technophile et trempez un peu dans le milieu de la sécurité informatique comme moi, essayez de relativiser... le scénario est plausible, en revanche beaucoup de petits détails ne tiennent pas, et parfois, "trop c'est trop".
Commentaires