L'un des problèmes, quand vous avez été un moyen-geek depuis votre plus jeune âge (*) , c'est que vous ne faites jamais rien comme tout le monde. En particulier, dans les domaines liés aux nouvelles technologies, vous ne faites confiance qu'à vous-même, vous refusez les solutions toutes faites et préférez l'autonomie. Elle vous apporte du sur-mesure, et de toute manière, comme dit le proverbe, on est jamais aussi bien servi que par soi-même.

De fait, j'ai décidé fin 2006 de virer mon serveur web Linux plutôt bruyant encombant et poussiéreux, qui avait tenu six longues années derrière une ligne ADSL et résisté à deux déménagements, au profit d'une Dedibox, petit bijou geekesque vous permettant, pour une trentaine d'euros par mois, de disposer d'un petit serveur totalement à vous, hébergé dans les datacenters sécurisés d'Illiad (maison-mère de Free).

Les avantages sont nombreux. Silence total à la maison. Plus de câbles dans le couloir. Plus de serveur web et mail dans l'entrée. Et surtout, économie d'électricité (quoique transférés dans l'abonnement mensuel).

La contre-partie de cette indépendance, outre le prix dérisoire au vu du service fourni, c'est une totale indépendance et aucun support. Sous-entendu, si vous ne savez ni administrer ni sécuriser un serveur web ou de messagerie, passez votre chemin. Alors sans être administrateur professionnel ni vouloir le devenir (des gens font ça très bien et s'éclatent dans ce boulot), je m'y connais un peu et si tant est que ça ne déconne pas trop souvent, ça ne me dérange pas de me frotter aux lignes de commande UNIX de temps en temps.

Seconde contre-partie, si la dedibox plante pour une raison ou une autre, eh bien c'est une séance non WAF-compliant qui démarre, de quelques dizaines de minutes à quelques heures, pour dépanner le bouzin. Comprendre, identifier la panne, puis résoudre le problème.

C'est ce qui m'est arrivé ce weekend. Redémarrage brutal de la dedibox et bing, plus rien. Obligation de sauvegarder les disques depuis un système de secours, réinstaller un système propre, redescendre les sauvegardes, reconfigurer le serveur de noms de domaines, les services web, la messagerie attendra.

Bref, j'ai beau ne pas être dérangé par ce petit fond geek que je garde au fond de moi, je refuse qu'il occuppe la majeure partie de ma journée... heureusement ça n'a pas duré trop longtemps.

Heureusement également que j'ai la chance d'avoir près de moi une ch'tite chérie très compréhensive, qui a supporté, durant cette interruption de service et ce dépannage de quelques heures ce weekend, mes quelques manipulations sur "le truc noir" (le shell UNIX), et qui les supporte plus occasionnellement lorsque je développe de temps en temps "mon plugin" (dotmap).

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(*) Moyen geek équivaut à :

  • Dessiner des claviers d'ordinateur sur une feuille papier à quatre - cinq - six ans.
  • Premier ordinateur Thomson TO8 en CE2.
  • Premier PC en 1993.
  • En 1994, animation d'un club d'informatique auquel participait ma prof de techno :-)
  • Premier accès Internet en 1995.
  • Ouverture d'un BBS relié au réseau Fidonet trois mois plus tard.
  • ADSL en 2000.
  • Montage d'un LAN à la maison avec trois ou quatre PC recyclés faisant office de Firewall / Serveur de fichiers / Serveur web la même année.
  • A partir de 2003, se rendre compte que tout ça consomme de l'électricité, que ça fait du bruit, que ça prend la poussière, que ça encombre l'espace, et que ça fait ch*er d'avoir l'impression perpétuelle d'être dans un datacenter toute la journée...

Geek, peut-être... avec modération, certainement !