Les municipales arrivent à grands pas, et chacun sort de sa réserve conclue en guide d'accords politique gauche-droite.
Ainsi, les Verts de Paris commencent à énoncer leurs objectifs pour la prochaine mandature : - Piétonniser la rue de Rivoli et les voies sur Berges, - Réduire la limite de vitesse à 30km/h dans la capitale, - ...
En bref, toujours plus de transports en commun, moins de place aux voitures, accusées de tous les maux.
L'attention est louable, mais est-elle pragmatique ?
Rendre des rues piétonnes n'aura aucun intérêt si en parallèle on déporte le flot de véhicules dans les artères existantes sans proposer de nouveaux modes de transports. Nombreuses sont les lignes de métro asphyxiées comme la 13, dont le taux d'occupation atteint aux heures de pointe 115%.
La situation se dégrade également dans le RER A : matériel vieillissant donc tombant en panne plus souvent, taux de fréquentation en continuelle hausse, et les nouvelles tours prévues à La Défense ne vont rien arranger, puisqu'on attend l'arrivée d'environ 10 à 20.000 nouveaux salariés à horizon 2010-2012.
Alors, doit-on d'abord contraindre les conducteurs à ne plus prendre leur véhicule en leur faisant vivre un véritable parcours du combattant chaque matin, ou en taxant chaque bretelle de voie rapide, et à terme interdire la voiture dans le centre de Paris, ou d'abord réfléchir à la manière de développer de nouveaux modes de transport de masse ?
Le sujet est complexe il faut le reconnaître, cependant tant que les alternatives ne seront là, il sera difficile de dire à un automobiliste de laisser son véhicule au garange et à la place de prendre son RER bondé chaque matin, duquel il ressorti en nage.
Que fait-on également pour les banlieusards ? Certes la voiture pollue, mais pensez-vous réellement qu'après une soirée chez des amis parisiens, un conducteur préfèrera prendre un bus qui passe toutes les heures à des horaires variables, pour rentrer chez lui en 70 minutes, au lieu de prendre sa voiture quand ça lui chante pour être rentré en 30 minutes ?
Et les taxis ? On nous conseille le co-voiturage, mais comment faire lorsque les taxis rechignent à vous prendre en charge, sous prétexte que que vous habitez trop loin ? Ah ça, les bobos parisiens, n'ont pas de soucis avec ce genre de problèmes. Et encore, quand on en trouve. J'ai le souvenir un samedi soir, d'avoir vu une quarantaine de personnes par station, attendre désespérément un taxi, et ça n'était pas un soir de jour de l'an !
Le problème de Paris, c'est que l'exécutif local raisonne trop "intra-muros", en laissant de côté les problématiques liées à la proche et la lointaine banlieue.
Aujourd'hui par exemple, le STIF gère les transports en commun publics de la région, c'est très bien, mais la gestion des taxis est confiée à d'autres entités, tout comme celle des infrastructures routières type A86 ou des voies intra-muros type voies sur berges ou grands boulevards. De fait, si une décision limitative est prise d'un côté (rendre payantes les voies d'accès à la capitale par exemple, ou barrer telle ou telle voie), une solution de repli ne sera pas nécessairement proposée.
Ce qu'il faudrait à Paris, c'est une autorité des transports au sens large, qui incluerait à la fois les réflexions et transports en commun ferrés et routiers, les infrastructures autoroutières, les voies naviguables, mais qui aurait également autorité sur la gestion des taxis et de tout autre moyen de transports. Ce type de stratégie ne peut être conduit avec efficacité si d'un côté, une administration ferme des voies, et si de l'autre, l'autorité compétente ne propose aucune alternative à la première décision.
Bref, il y a encore du pain sur la planche, mais la voiture reste malgré tout quelque chose d'utile pour quiconque n'habite pas dans Paris, aussi contraindre les conducteurs n'est pas la bonne démarche.
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