Acte I : Ce matin, j'avais donc rendez-vous boulevard Brune dans le 14è. Levé à 6h45, départ à 7H20. Les premières prévisions n'ont rien de réjouissant :

Coup de bol, arrive quelques minutes après mon arrivée un RER, vide, qui repart presque aussitôt. Sur le chemin en direction de Paris, très peu de monde a pénètré dans le train. Malgré ce sentiment curieux, on rejoint très vite Auber puis Châtelet, sans encombres.

C'est donc ici que les choses sérieuses ont commencé. Je devais prendre la ligne 4, vous vous souvenez ? Problème, à 08h30 je n'étais pas tout seul... A l'arrivée des rares métros, sur la ligne 4 aux Halles, c'est la bousculade générale. Comment les gens font pour ne pas tomber sur les voies, nul ne le sait. Mais bon, ça passe.

Grève RATP du 19 novembre 2007
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Après deux métros qui me filent sous le nez, il est temps de se rendre à l'évidence : tout ceux qui viennent du nord en direction de Pte d'Orléans vont certainement descendre à Chatelet. Donc zou, direction châtelet à pieds, via les souterrains du RER. Et là, impossible d'accéder au quai... ça bouchonne sévère dans les deux sens. On n'imagine même pas les conséquences d'un mouvement de foule dans ces couloirs exigus. Et après on va dire que chacun prend ses responsabilités, blablablabla, en attendant c'est pas Sud, FO ou la CGT qui subissent ça ! Bref ... no comment !

Grève RATP du 19 novembre 2007, ligne 4
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Cette fois-ci, à Chatelet : dans les couloirs ça bouchonne sévère...

Bien... il est à ce moment précis 08h45, autant dire que ça va être compliqué de rejoindre le 14è. Direction l'Ile de la Cité, à la recherche d'un métro, d'un bus, ou d'un miracle. Petite photo au passage, pour se dire qu"on a de la chance de vivre et de travailler dans la plus belle ville du monde blablabla fo bien essayer de se motiver comme on peut sous la grisaille de novembre.

Bon, bref... pour faire simple ensuite, à 09h30 embarqué dans un bus qui ne me rapproche pas aux alentours du Panthéon, je décide d'abandonner et d'essayer de rallier Porte de la Villette, non sans avoir été trèèèès tenté de reprendre le RER A direction la maison. Mais non, il fallait que je me prouve à moi-même que les grêvistes, on les emmerde ! Résultat des courses, de mon côté la ligne 7 est... tranquille (alors qu'en face c'est blindé).

Arrivé au bureau à 10h45. Th30 de trajet, tranquille...



Acte II  : une fois qu'on est au bureau, il faut se décider à rentrer. Pas gagné.

Ligne 7, 16h45 (on part de bonne heure les jours de grêve, bin oui, gagner plus pour gagner plus c'est bien, mais arriver chez soi c'est mieux). Donc je vous passe, en vrac : le quart d'heure d'attente, les 40 minutes pour parcourir un trajet qui se fait en 15 habituellement, les gens les uns sur les autres à un point tel que les barres pour se tenir ne servent plus à rien tant la foule de voyageurs est compacte, la petite goutte de sueur dans le dos qui devient rivière et, enfn l'arrivée à Opéra pour rejoindre la station de RER Auber.

Donc pour celles et ceux qui ne connaissent pas Paris, une station de RER c'est un truc immense. Très grand. Avec plein de monde aux heures de pointe. Autant dire qu'une telle situation, telle la station Auber, en plein début d'heure de pointe (normalement), peut être qualifiée de : anormale...

Renseignements pris, très peu de trains circulent. En fait, aucun. Il est à ce moment 17h39 et je n'ai pas de RER avant... 19h00, me dit la charmante voix (optimiste) qui sort des haut-parleurs.

19h00 ? Autant trouver une solution alternative (pour l'anecdote, apparemment il n'y aura pas d'autre RER de toute la soirée). Bref, direction St Lazare, par les souterrains, là aussi c'est tellement grand que ça communique. Arrivé à la gare, bain de foule, encore. Et petit coup de chance, je tombe sur un train qui dessert La Défense. au passage, chapeau aux agents SNCF non grêvistes qui assurent une information irréprochable aux voyageurs. Franchement ils ont mis le paquet, et c'est tout à leur honneur. Bonnet d'âne en revanche pour la RATP en revanche, qui fidèle à son habitude, ne sait ni communiquer ni prendre en charge correctement un minimum ses clients... mais bon ça n'est pas une surprise.

Bien, donc rien de neuf une fois que le quai du RER de la Défense, après un petit quart d'heure de de trajet en transilien : trafic totalement interrompu. Et la dame RATP de dire qu'aucun train n'est prévu pour St Germain en Laye pour le moment. Ca franchement c'est de l'information ! Donc direction donc le bus 258. Mais non, y'en a plus, et si y'en avait un, on ne pourrait pas tous entrer dedans. Au passage, je prends quelques photos des quais de la ligne 1 à La Défense direction Paris, qui sont saturés...

Chapeau là aussi le bordel...


Direction donc vers les bureaux de ma boite dont je tairai le nom ici, mais qui est sise non loin de là, à la recherche d'un covoitureur. Bingo! Une âme charitable motorisée se propose de me déposer à Poissy.

Départ de la Défense à 19h45, arrivée à la gare routière de Poissy à 20h15, pile à temps pour prendre le dernier bus Veolia de 20h20. Eh oui, on a beau dire que le service public assuré par une boîte privée, c'est pas bien, c'est ceci, c'est celà, on a beau dire tout ce qu'on veut, au moins eux ils roulent, et je vous jure qu'après presque 4 heures passées à essayer de tenter diverses solutions pour rentrer à la maison, prendre un bus Veolia plutôt qu'un bus RATP n'est qu'un infine détail, dans une journée totalement gâchée par un conflit qui ne me concerne pas...

Pour conclure, le Larousse définit ainsi : Otage: n.m. Personne qu'on arrête et qu'on détient comme un gage à l'égard d'un adversaire en garantie d'une promesse ou d'une exigence.

Ce soir, quel autre mot conviendrait mieux que celui-ci, à l'égard des millions de francilliens qui ne pourront pas rentrer chez eux ? Je suis en colère.