C'est facile de bien manger, voire de bien trop manger, mais il est plus difficile de manger bien
. Vous ne trouvez pas ?
En effet, d'un côté, nous croulons sous un déluge de plaisirs salés et sucrés, accessibles à nous simplement, vantés via les divers canaux de communication du 21è siècle : emails, télévision, radiio, presse écrite, panneaux publicitaires, échantillons gratuits, promotions ...
...et de l'autre, on nous répète à longueur de journée : mange pas-ci, mange pas-ça, pas trop salé, pas trop sucré, des fruits et des légumes, mais pas trop, de la viande, juste ce qu'il faut, l'alcool avec modération, ... Mais a-t-on vraiment le choix ? Et avons-nous la possibilité, à l'heure où les produits frais coûtent les yeux de la tête et où les fruits et légumes de qualité se vendent presque au prix de l'or, et à l'ère de l'industrialisation de la plupart de nos aliments, de la consommation en masse et de la recherche du profit maximal, de détecter ce qui est bon pour notre santé de ce qui ne l'est pas ?
Aujourd'hui en supermarché, si je souhaite ne pas m'en sortir pour trop cher au niveau des courses, j'ai le choix chez Carrouf entre : acheter des tomates bon marché mais plantées hors sol (donc en dehors de la terre, bonjour la nature), des clémentines infectes au toucher et gorgées d'eau , voire pourries ou moisies pour les pires, de la viande bas de gamme, donc assez grasse mais bon marché dont on ne sait pas trop à quoi elle a été nourrie, ou des plats industriels de plus ou moins bonne qualité, sursaturés de sel et préparés avec on ne sait trop quel process de fabrication.
Dernièrement, envoyé Spécial présentait un reportage édifiant sur les acides gras trans, qui ont l'énorme avantage pour les industriels de faciliter la conservation des aliments, ne coutent quasiment rien à produire, et rendent les frites encore plus croustillantes !. En revanche ces acides, non seulement sont accusés de favoriser le mauvais cholesterol, mais font également baisser le bon cholesterol.
Super, merci les industriels! En plus d'être toxiques, les acides gras trans se faufilent absolument partout, de 1 à 30% dans des aliments tels que pâte à pizza, viennoiseries, plats préparés, biscuits, bonbons, pâtes à tartiner, la panelure, certaines céréales, biscottes, potages certaines pâtes, etc etc etc ... l'européen moyen avalerait entre 1,2 et 6,7 g d'acides gras trans par jour.
Un beau problème de santé publique qui semble n'intéresser personne pour le moment.
Bref le consommateur est-il pris au piège ? Il semblerait que oui. Et comment peut-on éviter celà ? En regardant la liste des ingrédients. Si en tête de liste vous voyez apparaître les mentions " huile(s) végétale(s) hydrogénée(s) » ou « partiellement hydrogénée(s) », alors choissez un autre aliment.
A contrario, reprendre notre équilibre alimentaire en mains, semble plus difficile. Déjà, se reposer sur le seul aspect visuel des produits, n'est pas suffisant, car rien ne dit qu'une pomme bien verte ou une viande bien roule ne sera pas gorgées de pesticides, d'engrais, d'éléments chimiques impropres à la consommation donc cancérigènes.
En effet, dernièrement selon Marianne, des compléments alimentaires provenant de Chine, nourissaient des bovins vendus en France, avec potentiellement des produits interdits en Europe. Cet été des jouets non conformes provenant de Chine ont été retirés de la vente, qu'en est-il de ce qui est dans nos assiettes ?
Par ailleurs, on trouve dans les cordons ombilicaux des nouveaux-nés des traces de produits chimiques utilisés dans les engrais. Pourquoi ? Et que deviendront les antibiotiques qu'utilisent les éleveurs sur les vaches, les cochons, les poules pour augmenter leur rentabilité et réduire les risques de perdre tout ou partie de leur élevage à cause d'une brebis galeuse ?
Quant à la filière Bio, je crains que cela ne soit qu'un gadget propre aux bobos Parisiens : je n'ai pas les moyens... enfin si je les ai, mais psychologiquement je refuse de ressortir d'une boutique bio avec 2 kilos de fruits légumes dans mon cabas payés 20 euros. Et puis les contrôles qualité sont-ils réellement efficaces ?
Bref... on nous demande de manger bien, mais cela coûte cher. On nous gave de publicité mais on nous culpabilise. Le consommateur veut des produits bon marché qui se conservent longtemps, mais personne ne sait vraiment les effets des conservateurs, colorants, et E431 à gogo auxquels on peut difficilement échapper. Nous ne sommes même plus sûrs qu'un produit lambda ne s'avèrera pas nocif, dans 10 ou 15 ans. Même la viande des grisons achetée avant-hier soir chez Monop', était fabriquée (c"était écrit en minuscule) à partir de viande bovine Brésilienne. On marche sur la tête...
Bref... c'est vraiment la merde, on ne maîtrise plus rien. Vous voyez une solution vous ? Moi non... alors mangeons ce qu'on nous donne, et attendons de voir dans 20 ans combien de produits toxiques nous aurons dans notre corps.
Commentaires
Faudrait pas exagerer non plus... Moi je crois que c'est surtout une bonne grosse flemme qui nous empeche de bien manger. J'admet que les parisiens sont defavorises concernant les fruits et legumes ainsi que le bio, mais meme s'ils ne sont pas bio, les fruits et legumes du marche ne sont pas chers (en tous cas beaucoup moins cher qu'en supermarche, ca c'est certain), et en enlevant la peau on evite une bonne partie des pesticides. Sinon, ben faut pas vivre en ville... hum, je vais me faire taper la...
Acheter la viande du producteur d'a cote, chez qui on voit comment sont traitees les bestioles, d'ailleurs le bio a la campagne est tres accessible, a condition qu'on se prive de l'inutile (biscuits en tous genres, yaourts de toutes les couleurs, ecran plasma dernier cri). C'est une question de priorite, en somme. Mais pour Paris, j'avoue que je n'ai pas vraiment trouve de solution du temps ou j'y vivais.
J'ai l'impression qu'en province les produits frais sont moins pourris qu'en région oi banlieue parisienne.
Mais bon, d'une manière générale je déplore ce double language, d'un coté il faut manger des trucs bons pour la santé, mais ceux-là sont d'une piètre qualité et les très bons produits coûtent les yeux de la tête.
Enfin bref, c'est peut-être la ville qui fait que les prix sont élevés. Saint Germain en Laye et son marché, c'est un peu Le Bon Marché de la rive gauche