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Les JO de Pékin font couler beaucoup d'entre depuis quelques mois.

Entre un régime communiste plutôt réticent aux Droits de l'Homme, les petites gens expulsés de chez eux pour laisser la place aux infrastructures, une flamme chahutée un peu partout dans son tour du Monde, la répression au Tibet, un Président de la République qui décide de ne pas aller à la cérémonie d'ouverture, puis qui se ravise, puis le Dalai-lama qui vient en France, accueillie par Carla Bruni qui est certes très jolie, mais sauf erreur qui ne représente qu'elle-même et non le peuple, et tout le reste, bref, ça n'était pas la joie.

On peut penser ce qu'on veut du régime Chinois, du filtrage d'Internet, de la censure générale exercée auprès des medias, de l'interdiction de manifester (ou du moins l'autorisation super encadrée), de la naïveté du Comité Olympique qui pensait que les JO feraient avancer les droits de l'Homme là-bas... on peut penser ce qu'on veut de toute cette situation mais l'avantage, c'est qu'on peut penser. C'est un droit, un privilège presque, de nos jours.

Eh bien ce soir, lors de la cérémonie d'ouverture, j'ai eu le bonheur d'entendre un éminent journaliste, Daniel Bilhalian, nous faire une leçon de journalisme je ne sais trop quoi, en nous faisant la morale : la Chine c'est un milliard d'habitants, la France est toute petite à côté, donc les événements qui se sont produits autour de la flamme olympique sont plutôt bof bof, on ne peut pas comprendre la Chine, ni la situation au Tibet, on ne peut pas porter de jugement.

Pour faire simple, ce Monsieur, en 1 minute, dit à des millions de télespectateurs qui ont leur propre opinion sur le sujet et qui n'ont rien demandé à personne, de la fermer, d'arrêter de protester, en fait qu'ils sont certainement trop bêtes pour comprendre la situation et que la démocratie viendra, mais patience, faites pas chier pendant les JO, pendant ses JO, son fond de commerce. Noméoo !!

Alors, Monsieur Bilalian, après ce talentueux exercice d'impartialité si propre à votre fonction de journaliste, je tenais à vous remercier. Merci de votre éclairage fort instructif sur la situation en Chine. Merci de nous dire quoi penser au nom de je ne sais quelle mission. Merci à l'avenir de nous dire quand aller aux toilettes, on ne sait jamais, des fois qu'on s'urine dessus.

Bref, j'ai eu envie de vomir, je ne sais pas d'où cela venait...